
- Trois voies en charge close : woofer 8,25", médium 3" à dôme souple, tweeter 1"
- 585 W au total en amplification Classe D, dont 300 W sur le grave
- Chaîne de signal DSP complète en 32 bits, compatible avec la correction de pièce MA 1
- Dimensions extérieures reprises du KH 310 A : l’intégration se fait sans toucher au meuble
Je branche des enceintes de monitoring toute l’année, et il y a une famille qui revient sans arrêt dans les retours de studios : les trois voies actives de Neumann. Le KH 310 A a servi de référence pendant plus de dix ans dans des régies de production comme de post-production, et on en voit encore passer régulièrement. Alors quand la marque annonce le Neumann KH 310 II, on regarde de près ce qui bouge sous la façade.
Réponse courte : à peu près tout, sauf l’encombrement. Nouveau woofer, amplification revue à la hausse, chaîne de traitement entièrement numérique. La référence qui nous intéresse ici est la KH 310 II R, le canal droit, à associer à sa jumelle gauche pour un couple stéréo ou à glisser dans un système plus large.
La KH 310 II R est l’enceinte droite. Elle s’associe à la KH 310 II L pour un couple stéréo, ou vient prendre sa place dans un système multicanal. C’est la logique de la série chez Neumann : une référence par canal, pour que chaque enceinte occupe exactement le rôle prévu dans le système.
Sous la façade, trois voies et une charge close. Charge close veut dire coffret hermétique, sans évent : le grave s’arrête quand le signal s’arrête, au lieu de laisser traîner une queue de résonance. Neumann annonce une précision transitoire élevée et un faible délai de groupe, ce qui compte dès qu’il s’agit de juger un placement rythmique ou la réaction d’un compresseur.
Le reste, c’est de la réserve disponible. 300 W sur le woofer, 160 W sur le médium, 125 W sur le tweeter, en amplification Classe D, soit 585 W au total. Cette marge se lit surtout en headroom (la réserve de niveau avant saturation) : le volume monte sans que l’image se déplace, même quand la session devient dense.
Points forts
- Charge close : le grave démarre et s’arrête net
- 585 W de réserve, avec une structure de limitation qui protège sans écraser la dynamique
- Chaîne DSP 32 bits et compatibilité MA 1 pour l’alignement en pièce
- Dimensions reprises du KH 310 A, donc rien à refaire dans le meuble de régie
Points faibles
- Calibrée pour des espaces moyens à grands
- Vendue à l’unité : le couple stéréo demande la version gauche en plus
Fiche technique - Neumann KH 310 II R
| Type | Enceinte de monitoring active 3 voies, conception à charge close |
|---|---|
| Canal | Droit (modèle RIGHT) |
| Haut-parleurs | Woofer 8,25" · Médium 3" à dôme souple · Tweeter 1" |
| Puissance totale | 585 W |
| Amplification | Woofer 300 W · Médium 160 W · Tweeter 125 W · Classe D |
| Linéarité | ± 0,6 dB de 100 Hz - 10 kHz |
| Niveau SPL | Jusqu’à 5 dB de plus que le KH 310 (mesures en demi-espace et en espace libre) |
| Traitement | Chaîne de signal DSP complète en 32 bits |
| Correction de pièce | Compatible MA 1 |
| Technologie de grave | Woofer de nouvelle génération ELFF : excursion linéaire accrue, distorsion d’intermodulation réduite |
| Encombrement | Dimensions extérieures identiques au KH 310 A |
| Usages visés | Enregistrement Production Post-production Broadcast Mastering Audio immersif |
| Verdict |
Points forts
À considérer
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Ce que le Neumann KH 310 II change dans le grave
Le gros du travail est passé par le boomer. Le woofer de nouvelle génération de 8,25 pouces embarque la technologie ELFF, que Neumann met en avant pour une excursion linéaire accrue et une distorsion d’intermodulation réduite. Traduction dans la vraie vie : quand la membrane bouge beaucoup, elle continue de se comporter de manière prévisible.
L’effet se joue sur un bas du spectre chargé. Un kick, une basse électrique qui travaille dans le même registre, une queue de réverbe grave qui traîne derrière : ces trois éléments restent séparables quand le niveau monte. C’est typiquement la situation où on finit par baisser le volume pour y voir clair. Ici, la marge de manœuvre est plus large.
Et la puissance suit le mouvement. Le woofer passe à 300 W quand le KH 310 A en annonçait 210, le médium à 160 W contre 90, le tweeter à 125 W contre 90. Le niveau maximal grimpe d’autant : Neumann annonce jusqu’à 5 dB de SPL supplémentaires par rapport au KH 310, mesures faites en demi-espace et en espace libre.
Le « demi-espace » désigne une mesure enceinte posée contre une surface, typiquement un mur ou le plan d’une console. L’« espace libre », c’est la même mesure sans surface proche. Neumann donne les deux chiffres parce que le placement change réellement le niveau disponible.
DSP 32 bits et MA 1 : le Neumann KH 310 II s’aligne sur ta pièce
Toute la chaîne de signal est numérique, en 32 bits. C’est ce qui rend possible un alignement système précis : niveaux, délais et filtrages se règlent finement, enceinte par enceinte, au lieu de tourner des potentiomètres à crans en espérant que les deux côtés tombent juste.
Cette architecture ouvre surtout la porte à MA 1, la correction de pièce maison de Neumann. Le principe tient en deux temps : on mesure la réponse au point d’écoute, puis le système compense ce que le local ajoute ou retire. L’objectif affiché par la marque vaut la peine d’être cité tel quel : sécuriser le point d’écoute, pas lisser pour lisser.
Concrètement, il s’agit de réduire l’impact des modes de pièce, ces bosses et ces creux dans le grave qui dépendent des dimensions du local, et de stabiliser l’équilibre tonal. Le bénéfice final porte un nom : la translation. Un mix qui tient au casque, en voiture, en diffusion TV ou sur une plateforme de streaming.
Avant de sortir le micro de mesure, occupe-toi du placement et du traitement du local. Une correction numérique travaille bien mieux sur une pièce déjà saine que sur une pièce laissée telle quelle.
Une cohérence d’une unité à l’autre
Neumann insiste sur un point moins spectaculaire mais décisif : la répétabilité d’un exemplaire à l’autre. Deux enceintes de la même référence se ressemblent davantage. Sur un couple stéréo, ça se traduit par une image centrale plus nette. Sur un système multicanal, par un calibrage plus prévisible et un panoramique qui reste verrouillé quand les sources se déplacent.
Stéréo, multicanal, immersif : où placer la KH 310 II R
Le KH 310 II vise les espaces moyens à grands et les studios où il faut décider vite et juste. Neumann cite l’enregistrement, la production musicale, la post-production, le broadcast et le mastering. La version R occupe le canal droit, que le système compte deux enceintes ou douze.
L’audio immersif figure explicitement au cahier des charges, Dolby Atmos compris. C’est là que la cohérence entre unités prend tout son sens : dans un système où une source se déplace en continu d’une enceinte à l’autre, le moindre écart de timbre entre deux canaux s’entend comme un accroc.
Pour descendre plus bas, un caisson comme le Neumann KH 805 II complète l’ensemble et sert de point de gestion des graves sur un système multicanal. Le reste de la série se parcourt dans le catalogue Neumann, aux côtés du rayon enceintes de studio.
Une mise à niveau sans travaux
Dernier point, et il fera plaisir aux studios déjà équipés : les dimensions extérieures sont identiques à celles du KH 310 A. Les niches de meuble, les pieds, les fixations murales, les plans de régie déjà percés, tout reste valable.
Sur une installation multicanale, c’est plus qu’un confort. Remplacer huit ou douze enceintes sans retoucher la charpente acoustique du local, ça change le budget et le calendrier d’un chantier dans des proportions sérieuses.
Si tu remplaces un système existant, fais la bascule canal par canal en gardant une écoute de référence sous la main. On entend beaucoup mieux ce qui bouge quand la comparaison se fait dans la même séance.
FAQ – Neumann KH 310 II
La KH 310 II R se vend-elle seule ?
Oui. C’est l’enceinte droite, référencée à part. Pour un couple stéréo, il faut y ajouter la KH 310 II L.
Faut-il MA 1 pour utiliser le KH 310 II ?
Non. L’enceinte fonctionne sans. Sa chaîne DSP 32 bits est en revanche conçue pour accueillir la correction de pièce MA 1 et l’alignement système qui va avec.
Le KH 310 II convient-il à une petite régie ?
Il est calibré pour des espaces moyens à grands. Dans un local exigu, les formats de proximité de la série Neumann correspondent mieux au recul disponible.
Peut-on l’utiliser en Dolby Atmos ?
Oui. L’audio immersif fait partie des usages prévus, au même titre que le stéréo et les configurations multicanales.
Le Neumann KH 310 II ne réinvente pas la formule des trois voies en charge close, née chez Klein & Hummel en 1967 avec ce qui est souvent tenu pour le premier moniteur de studio actif trois voies. Il la reprend là où elle en était et l’emmène plus loin : plus de headroom, une chaîne numérique de bout en bout, une intégration qui ne demande pas de travaux. Pour un studio qui tourne déjà sur du KH 310 A, la question n’est plus de savoir si ça rentre, mais quand basculer. Reste à voir ce que cette plateforme DSP fera descendre dans les formats plus compacts de la série.

