
- Slash a enregistré Appetite for Destruction avec une réplique de Les Paul construite par le luthier Kris Derrig, et non une vraie Gibson.
- Sa guitare de scène principale, baptisée « Jessica », est une Gibson Les Paul qu’il utilise depuis 1988.
- Le duo Les Paul + Marshall a défini le son du hard rock des années 80-90 et continue d’influencer des générations de guitaristes.
- Gibson propose aujourd’hui une Slash Collection complète, de la Les Paul Standard à la J-45 acoustique.
Chez Woodbrass, on a perdu le compte du nombre de musiciens qui débarquent en magasin avec la même phrase : « Je veux le son de Slash ». Et à chaque fois, on comprend. Ce riff d’intro de Sweet Child O’ Mine, ce vibrato qui te prend aux tripes, cette silhouette au haut-de-forme avec une Gibson Les Paul vissée au corps — tout ça a poussé des générations entières à prendre une gratte. Slash a redéfini ce que signifie être un guitar hero, et son influence ne faiblit pas. Retour sur l’histoire d’un musicien et de l’instrument qui lui colle à la peau depuis près de quatre décennies.
Des débuts à Los Angeles au sommet du rock mondial
Né Saul Hudson en 1965 à Hampstead (Angleterre), Slash grandit entre un père artiste et une mère costumière pour des stars comme David Bowie. Installé à Los Angeles après le divorce de ses parents, il reçoit sa première guitare acoustique à 14 ans et passe ses journées à bosser les plans de Led Zeppelin, Aerosmith et Jimi Hendrix plutôt qu’à aller en cours.
Au milieu des années 80, il croise la route de Steven Adler, Izzy Stradlin, Axl Rose et Duff McKagan. Guns N’ Roses prend forme, écume les clubs du Sunset Strip et décroche un contrat avec Geffen Records. En 1987, tout bascule avec la sortie d’Appetite for Destruction.
Appetite for Destruction s’est écoulé à environ 30 millions d’exemplaires dans le monde, ce qui en fait l’un des albums de débuts les plus vendus de l’histoire du rock. Des morceaux comme Welcome to the Jungle, Paradise City et Sweet Child O’ Mine restent des classiques absolus.
La Les Paul de Kris Derrig : la guitare qui a tout changé
Voilà un détail que beaucoup de fans ignorent : quand Slash entre en studio pour enregistrer Appetite for Destruction, il est fauché et n’a pas les moyens de s’offrir une vraie Gibson Les Paul. Il joue sur une réplique de Les Paul 1959 fabriquée par le luthier californien Kris Derrig, dénichée par le manager du groupe Alan Niven. Et c’est ce son brut, agressif, gorgé de médiums, qu’on entend sur la totalité de l’album.
L’ironie ? Cette guitare « pas officielle » est devenue si mythique que Gibson a fini par produire sa propre réplique de la réplique, la Gibson Slash AFD Les Paul. Tu avoueras que l’histoire est savoureuse.
« Jessica » : la Les Paul fidèle depuis 1988
Après le succès d’Appetite, Slash contacte Gibson. La marque lui vend deux Les Paul au prix revendeur. L’une d’elles deviendra « Jessica », sa compagne de scène depuis plus de 35 ans — un « second choix d’usine » en finition Cherry Sunburst, refinishée depuis en Honey Burst / Red Back.
Gibson lui rend hommage avec la Gibson Slash Les Paul Standard « Jessica » : corps en acajou massif, table en érable, profil de manche Vintage années 50 et micros Custom BurstBucker Alnico 2 câblés à la main avec des condensateurs Orange Drop.
Le son signature de Slash repose en grande partie sur ses micros Alnico 2. Contrairement aux Alnico 5, les aimants Alnico 2 produisent un son plus doux, plus vintage, avec des médiums crémeux et un crunch chaleureux. C’est ce qui donne ce côté « chantant » à ses solos.
Le son Slash : Les Paul, Marshall, et rien d’autre (ou presque)
Quand on parle du son de Slash, on parle d’un combo légendaire : une Gibson Les Paul branchée dans un ampli Marshall. Sur Appetite for Destruction, il jouait à travers un Marshall modifié du stock de location S.I.R., poussé dans un baffle 4×12 équipé de Celestion. Côté effets, le setup restait minimaliste : une pédale wah Dunlop Cry Baby, un chorus MXR et une réverb Roland.
Ce qui fait la particularité de ce son, c’est sa simplicité. Pas de multi-effets numériques, pas de rack complexe : juste le signal d’une Les Paul en acajou et érable, chargée en humbuckers (des micros à double bobinage qui éliminent le bruit parasite tout en offrant un son gras et puissant), qui rencontre la saturation naturelle d’un ampli à lampes poussé à fond. Le résultat ? Un crunch organique, des médiums qui percent n’importe quel mix, et un sustain interminable.
Si tu veux t’approcher de cette recette, voici les ingrédients essentiels :
- Une Gibson Les Paul Slash Collection ou une Epiphone Slash Les Paul Standard pour un budget plus serré
- Un ampli Marshall — un JCM800 ou un JVM pour les puristes
- Des cordes Ernie Ball Regular Slinky 10-46, le tirant utilisé par Slash


Pourquoi la Les Paul est inséparable de Slash
Slash possède aujourd’hui plus de 200 guitares, mais c’est toujours la Les Paul qui reste au centre. Le manche collé en acajou offre un sustain impressionnant, la table en érable ajoute de l’attaque et de la brillance, et la combinaison des deux bois donne cette rondeur dans les médiums qui est devenue sa marque de fabrique.
Son style, ancré dans le blues rock de ses héros (Jimmy Page, Jeff Beck, Eric Clapton), repose sur un vibrato ample, des bends maîtrisés et un sens mélodique qui distingue ses solos du shred technique. Chaque note compte. Et la Les Paul, avec sa réponse dynamique, lui donne exactement ce qu’il faut pour s’exprimer.
Pour travailler ton vibrato à la Slash, commence lentement sur une seule note en utilisant un mouvement de poignet (et pas des doigts). L’objectif est d’obtenir un vibrato large et régulier, presque vocal. Enregistre-toi et compare : c’est le meilleur moyen de progresser.
La Slash Collection : l’héritage continue
Nommé premier ambassadeur mondial de Gibson en 2017, Slash a contribué à concevoir toute une gamme de guitares signatures :
- La Gibson Slash Les Paul Standard en finition November Burst ou Appetite Burst
- La Gibson Slash « Jessica », hommage à sa guitare de scène historique
- La Gibson Slash « Victoria » Goldtop au look vintage affirmé
Chaque modèle intègre ses touches personnelles : dessin « Skully » à l’arrière de la tête, profil de manche années 50 et micros BurstBucker Alnico 2. Que tu sois fan de la première heure ou guitariste en quête d’une Les Paul au caractère affirmé, il y a un modèle pour chaque budget.
Tu hésites entre la Gibson et l’Epiphone de la Slash Collection ? L’Epiphone reprend les codes visuels et les specs clés (micros ProBucker Alnico 2, profil de manche en C, condensateurs Orange Drop) pour un prix nettement plus doux. C’est un excellent choix si tu veux le look et l’esprit Slash sans exploser ton budget. Pour ceux qui veulent le top, la Gibson avec sa table en érable flammé AAA et ses finitions nitrocellulose reste la référence.
Au-delà des Guns : un guitariste qui ne s’arrête jamais
L’histoire de Slash ne se résume pas à Guns N’ Roses. Après son départ du groupe en 1996 (divergences artistiques avec Axl Rose), il fonde Slash’s Snakepit, puis Velvet Revolver en 2003 avec Duff McKagan et Matt Sorum. À partir de 2010, il lance sa carrière solo avec Myles Kennedy & The Conspirators, enchaînant les albums solides. Et en 2016, c’est le retour tant attendu : Slash rejoint la reformation de Guns N’ Roses pour le Not in This Lifetime Tour, l’une des tournées les plus lucratives de l’histoire. Toujours avec une Les Paul autour du cou.
Un héritage gravé dans le son
Slash et la Gibson Les Paul, c’est une de ces associations qui transcendent la simple relation entre un musicien et son instrument. Au même titre que Hendrix et sa Stratocaster ou Page et sa double-manche, ce duo a marqué au fer rouge l’histoire de la musique. Si tu grattes depuis un moment et que tu n’as jamais branché une Les Paul dans un Marshall, il est temps de tester. Tu comprendras en quelques notes pourquoi ce son a rendu dingue des millions de personnes.

